Atelier d'écriture du mercredi 7 octobre 2020


Cette année la semaine bleue se situe du lundi 5 au dimanche 11 octobre.

Ces 7 jours annuels constituent un moment privilégié pour informer et sensibiliser l'opinion sur la contribution des retraités à la vie économique, sociale et culturelle, sur les préoccupations et difficultés rencontrées par les personnes âgées et sur les réalisations et projets des associations.

Lancée en 1951, la "journée des Vieillards", comme on l'avait d'abord baptisée, a été créée par arrêté du ministère de la santé publique et de la population. Le thème de l'année 2020 est "vivre chez soi".

C'est ainsi que Céline Juanchich, rédactrice de la revue gratuite "Farandole" présente la "semaine bleue".

Le journal Farandole est édité par l’Association, pour le Développement de l’Information Culturelle et Touristique (A. D. I. C. T.). Cette association est composée des communes du Pays d’Arles et des départements limitrophes et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pays d’Arles. L’ADICT a été créée il y a plus de 32 ans, pour relayer l’information culturelle, touristique et de loisirs des communes adhérentes.

La marraine de l'édition 2020 est Julie PUGEAT Julie Pugeat, est la Directrice de l’atelier de JR et la mère de deux enfants. Après avoir écrit un premier livre pour les adolescents, elle est heureuse de collaborer avec JR sur des livres pour les jeunes enfants, du même âge que les siens. Julie est passionnée par la vie, la nature, la famille et l’éducation. Elle habite à Annecy, en France.

« Mes grands-parents ont toujours fait partie de ma vie. Ils m’ont offert leurs histoires, leurs langues, leurs cuisines, leurs jeux et leurs blagues. Quand je suis devenue une maman, à mon tour, j’ai fait en sorte que mes enfants passent du temps avec leurs grands-parents. Je suis fascinée par le lien qu’ils ont tissé, par l’échange entre ceux qui apprennent à lire en suivant leurs cours en vidéo et ceux qui n’ont découvert la télévision en noir et blanc des voisins qu’une fois adulte. Pendant des siècles, les choses se passaient ainsi. Pendant que les parents travaillaient, les grands-parents s’occupaient des enfants et les générations cohabitaient. L’Histoire a connu une accélération : les ainés vivent plus longtemps, leurs enfants déménagent plus souvent, beaucoup de personnes âgées sont seules. Je crois profondément que nous avons besoin les uns des autres, à toutes les étapes de nos vies. Nous pouvons nous nourrir de l’expérience de nos ainés, de leur sensibilité à la nature que nous essayons de retrouver, de leur connaissance intime de l’Histoire contemporaine dont ils ont été les témoins. Des associations œuvrent sur le terrain pour créer des liens, des ponts, des échanges. Des artistes y travaillent aussi. C’est dans ce cadre que j’ai collaboré avec JR, célèbre artiste contemporain français. Dans son projet, The Wrinkles of the City, l’artiste JR a parcouru de nombreuses villes du monde à la rencontre des femmes et hommes qui ont été les derniers témoins des cicatrices laissées sur leur ville par les vicissitudes de l’Histoire. Grâce à ses collages immenses, JR a permis à la génération la plus ancienne de redevenir visible et de partager ses souvenirs du passé. Dans le livre pour enfant, Wrinkles (« les rides », édité par Phaidon), en m’appuyant sur ce projet, j’ai souhaité ouvrir des perspectives aux enfants. Les rides sont le signe de l’âge et peuvent être perçues négativement. En réalité, elles sont autant de chemins, d’histoires, d’expériences, de sentiments qui ne demandent qu’à être racontés, partagés. Et les enfants adorent les histoires.

Jacques BREL (1929-1978) nous enchante avec ses vieux :

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan Que l'on vive à Paris, on vit tous en province quand on vit trop longtemps Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non, qui dit "je vous attends" Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide Et le temps d'un sanglot oublier toute une heure durant la pendule d'argent Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent qui ronronne au salon Qui dit oui qui dit non, qui leur dit "je t'attends" Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

Mais pour moi, qu'est-ce que c'est "une vieille", "un vieux", "un vieillard", "un pépé ou une mémé", "le bel âge" (Martine VASSAL, présidente du Conseil Général) ? A l'heure où 1 Français sur 4 est âgé de plus de 60 ans, être vieux, ça commence quand ? A quel âge consulte-t-on un gériatre ? François MAURIAC (1885-1970) proclamait : "C'est merveilleux la vieillesse... dommage que ça finisse si mal !". Charles Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869) précisait : "Vieillir est encore le seul moyen que l'on ait trouvé pour vivre longtemps". "Tant de dernières fois qui s'accumulent petit à petit et qui, en réalité, constituent la vieillesse" se plaignait Georges SIMENON (1903-1989). Paul LEAUTAUD (1872-1956) jubilait : "Je m'amuse à vieillir, c'est une occupation de tous les instants". Quant à l'homme d'affaire et politicien américain Bernard BARUCH (1870-1965), sa boutade contre la vieillesse est imparable : "Je ne serai jamais vieux. Pour moi être âgé, c'est avoir 15 ans de plus que moi".

C'est le moment de prendre la plume et de suivre la consigne du jour : qu'est-ce que le mot "vieillesse" m'inspire ?

Bonne écriture et bonnes lectures !

A mercredi prochain.