Atelier d'écriture du mercredi 3 juin 2020


Dimanche prochain, le 7 juin, c'est la fête des mères.

Nous avons l'habitude à cette occasion d'offrir des cadeaux à notre maman, quelques soient notre âge et le sien : collier de nouilles réalisé à l'école ou fleurs commandées à distance.

Dans la littérature, nous rencontrons de grandes variétés de mères, depuis l'omniprésente Madame de Sévigné qui écrit une lettre par jour à sa fille Madame de Grignan, jusqu'à l'absente chez Patrick Modiano (Un pedigree), en passant par la terrible "Folcoche" chez Hervé Bazin (Vipère au poing).

Nous allons aborder quelques textes, citations et chansons, qui évoquent d'autres mères, tellement d'autres mères...

Comme Dieu ne pouvait pas être partout, il a inventé les mères. (Dicton juif)

Je sais très bien que quelquefois

Ce n'est pas drôle pour toi

De supporter son caractère

De la sentir à nos côtés

De n'avoir plus d'intimité

Bien que pourtant ce soit ma mère.

Je sais très bien que ça t'agace

Quand pour un rien elle m'embrasse

Comme si j'étais encore un gosse,

Quand elle vient te conseiller

Sur la façon de te coiffer

Ou sur la couleur de tes robes.

La vielle dame (Sacha Distel)

Maman c'est un mot si doux

Un mot qui vient de partout

Que l'on soit grand ou petit

Il sera toujours joli

Maman on le dit souvent

Quand on pleure ou quand on rit

Maman ton cœur est si grand

Je te dis mille fois merci.

Refrain pour maman (Georges Hamel)

De sa mère on sèvre l'enfant par du riz ; de sa mère on sèvre la jeune fille par un mari. (Indien Bengali)

Un mari ne remplace jamais une mère pour une femme.

Les mémoires de deux jeunes mariées (Honoré de Balzac)

Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus.

La promesse de l'aube (Romain Gary)

Ils sont venus, ils sont tous là

Dès qu'ils ont entendu ce cri :

"Elle va mourir, la Mamma !"

Ils sont venus, ils sont tous là,

Mêm'ceux du sud de l'Italie,

Y'a mêm'Georgio, le fils maudit.

Avec des présents plein les bras.

Tous les enfants jouent en silence

Autour du lit, sur les carreaux,

Mais leurs jeux n'ont pas d'importance,

C'est un peu leur dernier cadeau

A la Mamma.

La Mamma (Charles Aznavour)

Maman c'est toi la plus belle du monde

Car tant d'amour inonde tes jolis yeux

Pour toi, c'est vrai, je suis malgré mon âge,

Le petit enfant sage des jours heureux.

J'avais fait des rêves

Où l'on m'aimait sans trêve

Mais les rêves s'achèvent

Et toi seule m'est restée.

Maman tu es la plus belle du monde (Tino Rossi et Luis Mariano)

C'est l'enfant de la misère

Qui est passée près de vous

Qui ne reçoit de sa mère

Que des injures et des coups

Le long des rues de la ville

Elle tend sa petite main

Disant de sa voix fragile

Donnez-moi un peu de pain

Et quand le soir, à demi-morte,

Elle n'apporte qu'un peu d'argent

Elle n'ose pas franchir la porte

Car elle sait ce qui l'attend.

L'enfant de la misère (Jean Lalonde)

Je me souviens, tu sais,

Toi ma maman jolie,

De tes tendres baisers

Et de tes mots gentils

De tes petits câlins

Avant de m'endormir

Dans ma prière déjà

Je voulais te chérir.

Bonne fête maman (Les petits chanteurs du Rock)

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m'embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l'entendais monter puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi, un moment douloureux.

A la recherche du temps perdu (Marcel Proust)

Après un si joyeux festin,

Zélés sectateurs de Grégoire,

Mes amis, si, le verre en main

Nous voulons chanter, rire et boire,

Pourquoi s'adresser à Bacchus ?

Dans une journée aussi belle

Mes amis, chantons en chorus

A la tendresse maternelle.

Poésies posthumes (Alfred de Musset)

Pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance. L'homme veut son enfance, veut la ravoir, et s'il aime sa mère davantage à mesure qu'il avance en âge, c'est parce que sa mère, c'est son enfance.

Le livre de ma mère (Albert Cohen)

Elle se contentait de gueuler. Depuis l’écroulement des barrages, elle ne pouvait presque rien essayer de dire sans se mettre à gueuler, à propos de n’importe quoi. Autrefois, ses enfants ne s’inquiétaient pas de ses colères. Mais depuis les barrages, elle était malade et même en danger de mort, d’après le docteur. […] On pouvait la laisser crier un moment, mais pas longtemps. La colère pouvait lui donner une crise. Le docteur faisait remonter l’origine de ses crises à l’écroulement des barrages. […] Tant de ressentiment n’avait pu s’accumuler que très lentement, année par année, jour par jour. Il n’avait pas qu’une seule cause. Il en avait mille, y compris l’écroulement des barrages, l’injustice du monde, le spectacle de ses enfants qui se baignaient dans la rivière…

Un barrage contre le Pacifique (Marguerite Duras)

Ma mère m'a fait découvrir tous les grands prosateurs. Elle avait une culture et un sens critique phénoménaux, et relisait tous les manuscrits de mon père Henri Queffélec, qu'elle admirait profondément. Je me suis mis à écrire pour m'approprier un peu de cette admiration...

Interview de 1998 (Yann Queffélec)

Je pense bien souvent à ma mère. Je me berce de l'espoir que je la reverrai un jour, je me dis que j'ai encore un peu de bonheur à vivre, quand elle me prendra dans ses bras, et m'appellera son fils, et m'embrassera. Tous ces baisers, toute cette tendresse que je n'ai pas eus, et dont j'aurais été si heureux ! Comme je souffrirai le jour où elle mourra, que je l'ai revue ou non. Ce jour-là, je serai seul pour de bon.

Le journal littéraire (Paul Léautaud)

Une mère éplorée n'a pas assez de cœur pour la douleur et la vengeance à la fois.

Le requiem pour une nonne (William Faulkner)

Dans tout ce foisonnement, ou ailleurs, où se situe notre mère à nous, la seule qui compte vraiment ? L'unique et la singulière maman, pour laquelle nous éprouvons un mélange de sentiments ou au contraire un amour (une haine ?) incommensurable ? A moins qu'elle ne nous soit indifférente...

C'est la consigne à l'occasion de la fête des mères, écrire sur celle qui nous a mise au monde, qui nous a donné la vie.

Bonne écriture, bonnes lectures !

A mercredi prochain !