Atelier d'écriture du mercredi 15 juillet 2020

Dernière mise à jour : 21 juil. 2020


Pendant tout le mois de juillet, sur France Inter, Emmanuel MOREAU anime une chronique matinale "Grandeur Nature" où l'on découvre combien il est facile de se retrouver "nature" dans la nature. Lisez d'abord l'aventure vécue par l'écrivain Alexandre JARDIN.

_ Y'a quelques années, j'étais en Corse dans un endroit sauvage où il y a des piscines naturelles, un endroit absolument sublime et j'avais embarqué avec mes enfants un pique-nique pantagruélique. On avait des sacs, des glacières. On était en train de ripailler, les enfants sautaient dans les piscines naturelles et tout à coup on voit arriver un énorme cochon sauvage ! Une mère suivie de ses petits... Et les enfants ont pris peur... Ils ont foncé vers moi... Ils arrivaient de l'autre côté de la chute d'eau... Et on se demandait s'ils allaient traverser... Et les enfants ont commencé à balancer des pierres... En un quart de seconde, on se retrouve au Néolithique... On est avec des pierres et des bâtons... Et y'a des bestioles qui ont faim... Et moi j' suis là avec mes enfants... Les bêtes commencent à attaquer... Et on sait pas si elles vont nous bouffer... Et là, on bat en retraite ! Je suis pas de taille... Je suis pas de taille devant des cochons sauvages... Et brusquement, j'ai quitté la modernité, je suis rentré dans les rapports brutaux du monde sauvage... Et j'ai perdu la bataille... Les cochons ont bouffé le pique-nique... Les cochons ont eu le dessus !

_ En fait, chacun défendait sa nichée !

_ Oui, mais on sent clairement que l'homme a perdu le métier... (Rire)... Parce que le chasseur en moi avait disparu et en revanche, le cochon était déterminé... Et y'avait la nature qui me convoquait... Et j'avais du mal à être au rendez-vous...

_ En fait, c'étaient deux prédateurs l'un contre l'autre !

_ ... Un efficace et l'autre pas du tout ! L'inefficace, ce jour-là, c'était moi !

_ Qu'est-ce que vous en avez conclu ?

_ Qu'en un quart de seconde on pouvait se retrouver au Néolithique ! On croit que la civilisation est là... il suffit qu'il y ait une mère cochon avec des petits... Tout à coup... La situation instinctive reprend le dessus... En un quart de seconde...

Savourez ensuite l'incident plus calme survenu au pianiste François-René DUCHÂBLE lors d'un concert en extérieur.

_ En Espagne, il y a peut-être 35 ans... 40 ans, dans les années 85-90, j'ai joué dans un cloître en Catalogne et on m'avait prévenu qu'à une certaine heure... autour de 21 h 30... je risquais d'avoir une chouette... qui entrerait en dialogue... et qui, en fait, est bien arrivée !

_ Et avec cette chouette, vous vous souvenez de ce que vous jouiez ?

_ Précisément, il y a une pièce de Frantz LITZ... "Les deux légendes"... Y'a une légende c'est Saint François de Paul marchant sur les flots... et puis l'autre... la légende de Saint François d'Assise dialoguant avec les petits oiseaux...c'est un épisode connu de la vie de Saint François d'Assise... et, c'est justement en jouant cette pièce que j'ai eu cet écho de la chouette... qui vraiment ronflait d'une façon particulière ! Dans un clocher, c'est très amplifié.

Vous pouvez écouter les chroniques "Grandeur Nature" sur le site Internet de France Inter à la rubrique "environnement" pour mieux savourer ces anecdotes et bien d'autres.

La nature se rappelle à nous de façon parfois inattendue voire franchement contrariante. Vous vous relevez d'un pique-nique en forêt avec une tique accrochée à "vos basques", vous savourez une nuit en gîte en montagne mais repartez avec des punaises de lit dans vos bagages, vous soignez votre pelouse avec beaucoup d'amour jusqu'à ce qu'une taupe y construise un joli monticule, vous rentrez de vacances et découvrez qu'une colonie de chauves-souris a investi votre buanderie dont le vasistas avait été laissé ouvert...

Racontez comment votre esprit écologique a pu faire face à cette adversité.

C'est la consigne de la semaine : raconter à partir d'un exemple comment vous avez été amené à prendre conscience de la place de la nature dans votre vie.

Bonne écriture, bonnes lectures !

A la semaine prochaine !